Voyage à Tenerife: Il faut m’aider au sommet du Teide

Une petite anecdote de Tenerife (une fois de plus), dans ce nouvel article. Pour ceux qui ne savent pas, le Teide se prononce Teidé. Le titre de l’article sonne mieux, maintenant, non ? Mais qu’est-ce que le Teide ? Me direz-vous. Voici:

Le Teide quoi t’est-ce ?

Le Teide, c’est le petit volcan que vous pouvez voir sur l’image à la une de cet article. C’est la première chose que l’on remarque en arrivant à Tenerife par air, et pour cause, il fait tout de même 3715 mètres de haut et perce les nuages de son sommet pointu ! Ce volcan est le point culminant d’Espagne.

C’est donc un des highlights à voir lorsqu’on visite Tenerife. A force de me balader dans l’île, je dois avoir des photos du Teide sous tous les angles possibles et imaginables !

Le Teide est un volcan actif ! Lorsqu’on est proche de lui, on peut observer des fumerolles qui émanent de son cratère. Ceux qui ont la chance de pouvoir atteindre le sommet remarqueront une température élevée en mettant leur main au-dessus du cratère. Le volcan émet une odeur qui n’est pas des plus agréables, pour ne pas dire nauséabonde. Je ne parle pas de ma propre expérience, étant donné que je ne suis pas monté à son sommet. En effet, pour monter au plus haut, il faut un permis à demander au parc national du Teide. Accrochez-vous, parce qu’il faut le demander longtemps à l’avance, ce qui n’a pas été mon cas ! Lorsqu’on rate le coche, pas d’inquiétudes, il est tout de même possible de monter jusqu’à 3555 mètres, ce qui est déjà honorable. Et pour les plus flemdus (j’en fais partie), il est même possible de monter en téléphérique. Bon, c’est également par manque de temps que je l’ai fait !

C’est quelque chose qui est assez récurrent dans les îles canaries, de devoir s’inscrire en avance, ou de demander un permis, pour pouvoir accéder à certaines parties des parcs nationaux, avec des délais plus ou moins longs. Il est vrai que c’est une très bonne mesure pour protéger la biodiversité. Mais par contre, c’est très contraignant, pour ne pas dire carrément chiant, lorsqu’on réserve ses vacances. Il faut savoir très longtemps en avance quel jour, à quelle heure, on va être à tel endroit. Franchement, avec tous les imprévus lors des voyages, c’est quasiment impossible à prévoir ! Et s’il ne fait pas beau le jour où vous avez réservé, vous n’avez plus qu’à revenir l’année prochaine pour de nouvelles vacances… Personnellement, je trouve cela quand même vraiment gênant !

Quelques péripéties en perspective…

Bref, j’achète mon ticket, je vois qu’il est possible de faire une ascension lors du coucher du soleil à 18h30, mais les tickets sont bien plus chers, donc j’en réserve un normal. Très peu de créneaux sont disponibles. Je suis obligé de prendre 15h30. Wouters, un des co-livers hollandais décide de se greffer. C’est cela qui est sympa aussi dans les co-livings, on raconte aux autres ce qu’on a prévu de faire le weekend, et c’est très souvent que certains se joignent.

Le jour J, on se met sur le chemin. La route est sinueuse, mais je fuse avec la bouse à roulettes qui me sert de voiture, car on n’est pas tout à fait en avance. Tout un poème, cette voiture, une vraie épave. Je pense d’ailleurs que cela méritera un article de blog, un de ces jours. J’ai peur de n’avoir plus que le volant dans les mains, lors de l’arrivée au Teide, à supposer qu’on y arrive.

On finit par arriver en un seul morceau, à mon grand étonnement. Mon collègue du co-living n’est pas trop prêt, il a juste une veste assez fine. Je lui avais pourtant dit de prendre des vêtements chauds. C’est vrai que l’on peut facilement se faire surprendre, comme il fait 25-30°C sur l’île, on a du mal à croire qu’il puisse faire aux alentours de 0°C, au sommet du Teide.

Manque de pot, comme on s’y est pris très tard, nous n’avons pas pris les tickets de montée au même horaire. Heureusement, en discutant avec l’hôtesse, on arrive tout de même à négocier et à monter là-haut en même temps. Ca n’aurait pas été très pratique si nous n’avions pas réussi, étant donné qu’on ne peut rester qu’une heure au sommet. C’est dommage, cela me semble quand même très court, au vu de tout ce qu’il doit y avoir à observer de là-haut !

En sortant du téléphérique, on se prend une bourrasque de vent glaciale dans le visage. Je me dis que j’ai bien fait de prendre un imperméable et un pull !

Gregor Lang avec un imperméable bleu, sur le volcan Teide à Tenerife. On voit de la neige des rochers et le ciel bleu en arrière plan.
Gregor Lang sur le Teide

On arrive sur une plateforme. De là, on a une superbe vue sur tout Tenerife, ainsi que sur le Teide, lorsqu’on arrive à ouvrir les yeux sans qu’ils ne pleurent trop, entre deux bourrasques. Je regarde mon ami, il est déjà quasiment tout bleu. Je lui dis « Je t’avais prévenu qu’il aurait fallu prendre une veste plus épaisse » Il va vite se réfugier aux toilettes et se prendre un café chaud dans l’automate. Ils ont pensé à tout, au sommet du volcan !

Cela valait le coup, la vue est époustouflante, le Teide est même enneigé.

On voit le volcan du Teide et des collines dans les îles canaries avec un champ de lave sur la droite. Le volcan est enneigé et la ciel est bleu.
Teide enneigé

C’est étrange, de se dire que dans une heure seulement, on sera de retour à 30°C. On se dépêche d’aller sur les chemins de randonnée. Un petit portail délimite la plateforme et les chemins, une guide y est postée pour donner des conseils et répondre aux questions. J’ai l’oreille qui traîne un peu en passant, j’entends qu’elle dit à des touristes que tous les chemins de randonnée sont fermés, sauf le n°7. On ne peut pas accéder au chemin n°7 directement depuis la plateforme, il faut d’abord en traverser un autre qui est fermé.

Wouters, qui m’accompagne, est frigorifié. Il me dit qu’il va descendre, je décide de rester. Ca aurait été frustrant de partir si vite, je trouve cela déjà court, juste une heure, il reste encore beaucoup à voir ! Je trouve cela dommage, de devoir rester sur la plateforme et de ne pas pouvoir aller sur les chemins de randonnée. Donc, je décide d’aller clarifier cela avec l’hôtesse, comme celle-ci a dit aux touristes plus tôt, que le chemin n°7 est ouvert. Elle me le confirme une fois de plus.

C’est parti, dans ma tête, c’est clair. Cela signifie traverse une petite portion du chemin « interdit » pour arriver dans la légalité sur le chemin n°7, donc je me lance dans ma randonnée. Surtout que l’hôtesse ne me dit rien en me voyant partir, donc tout est bon. Ouf, j’aurais été triste de n’avoir pu rester que sur la plateforme. Le chemin est légèrement enneigé, mais rien de bien méchant. Je me dis qu’il doit y avoir bien plus de neige dans la suite du chemin, étant donné qu’ils l’ont fermé.

J’arrive enfin sur le chemin n°7, ce n’était pas si court que cela, en fait, ni très enneigé, finalement ! Je ne regrette pas du tout, la vue est vraiment géniale, ça aurait été dommage de rater cela. Je croise quelques personnes le long de ma balade. J’observe le Teide assez longuement, je remarque des fumerolles qui sortent du volcan. Je me demande si ce ne sont pas des nuages, je pensais que le Teide était un volcan éteint. En fait, non !

Deux russes arrivent, me voyant observer le Teide, il me conseillent de ne pas tenter de l’escalader par là. J’avais envie de leur dire merci du conseil, ça montait à pique dans la direction dans laquelle je regardais, je ne suis pas MacGyver ! Ils me disent de passer par le chemin balisé, il n’est pas très enneigé et les gardes ne contrôlent apparemment pas les pass pour monter au sommet. Je n’ai pas le temps, et ce n’est de toute façon pas mon intention, de monter sans pass. J’admire encore la vue pendant un certain temps. Cela fait plus d’une heure, mais je m’en fiche, c’est trop joli. Je ne regrette vraiment pas ma randonnée.

En premier plan, de grosses pierres volcaniques avec de la neige. On remarque en contrebas l'océan, d'autres villes de Tenerife. On voit également le ciel bleu et quelques nuages.
Vue depuis le Teide
Vue depuis le Teide dans les îles canaries. On voit en contrebas des coulées de lave brunes et ocres. En face une chaîne de montagnes volcaniques avec derrière l'océan, le ciel bleu parsemé de nuages
Vue sur le champ de lave depuis le Teide

J’envoie un message à Wouters, pour lui dire que je reste un peu plus longtemps. Tant pis pour lui, je lui avais dit de prendre des affaires chaudes. Je me mets en mode avion, avec le froid et les photos, j’ai perdu pas mal de batterie. Le temps passe, il n’est pas loin de 17h. J’ai encore le temps, comme des téléphériques montent à 18h30 pour le coucher de soleil. Je décide de tout de même de me mettre sur le chemin du retour, j’en aurai bien profité. Au milieu du chemin, je vérifie mon téléphone. Je vois un appel manqué de Wouters et un message, il me dit de faire attention, car le téléphérique ferme à 16h50. Il doit se tromper, c’est super tôt ! De toute façon, c’est déjà trop tard.

Je finis par arriver sur la plateforme. Tiens, c’est bizarre, les toilettes sont fermées. Je continue à avancer, eh bien mince, l’entrée du téléphérique est elle aussi fermée, et l’endroit est complètement désert. Il n’y a pas un chat. Je suis vraiment étonné, ça me semble super tôt, surtout que j’ai vu ces tickets coucher de soleil ! Autant dire qu’il reste encore une sacré marge de temps, avant que le soleil n’aille se coucher.

Je commence quand même à me dire que je suis un peu dans la panade, je n’ai pas vraiment trop d’options de disponibles. Va-t-il falloir que je dorme en haut du Teide ? C’est vrai que le ciel est joli, de nuit, mais il faut savoir qu’il peut y faire -8 à -10°C, sans parler du vent… Je ne suis pas vraiment équipé pour, dans tous les cas. Donc, autant dire que la nuit à la belle étoile, ce n’est pas l’option prioritaire. De plus, comme les toilettes sont fermées, je ne peux même pas me réfugier dedans. Je me dis que je peux tenter de chercher un renfoncement, ou une cavité, dans une des énormes roches présentes sur les côtés du chemin. En me couvrant avec des pierres ponces, j’aurais une chance de ne pas être transformé en glaçon, durant la nuit.

Bon, on n’en est pas encore là, je n’ai pas envie de tester le pouvoir isolant des pierres ponces d’une façon expérimentale. Entre temps, j’appelle Wouters qui est en bas. Il rigole quand il décroche. Il me dit « Je suis allé voir la dernière nacelle, quand elle est descendue, mais je ne t’ai pas vu dedans. Je me suis dit que tu n’avais pas dû voir mon message dans lequel je te disais que la dernière nacelle descend à 16h50 »

En effet Sherlock, j’ai raté le message, malheureusement. Je lui explique la situation là-haut, ce n’est pas difficile à expliquer, étant donné qu’il suffit de dire qu’il n’y a plus rien et que tout est fermé. Il me dit qu’il va essayer de trouver quelqu’un en bas et qu’il reviendra vers moi dès qu’il en saura plus. Comme on dit si bien « Ne bouge pas d’où tu es et attends moi »

Je regarde les plans présents sur les panneaux d’affichage, il doit quand même y avoir un chemin qui permet de redescendre au niveau du parking, bien qu’ils soient fermés, ils n’étaient pas très enneigés tout à l’heure. Je préfère encore ça que de dormir avec -10°C. En effet, le fameux chemin n°7 qui est ouvert en plus, permet de retourner au niveau du parking. Il faudra juste que je me dépêche de descendre, avant qu’il ne fasse noir.

Wouters me rappelle, il a heureusement encore réussi à trouver une dame qui travaillait à l’accueil. En effet, j’entends une femme hurler en espagnol, à travers le téléphone. Après s’être fait vriller les tympans par la furie, Wouters me retranscrit le contenu de la conversation. La dame lui dit que je ne peux pas prendre les chemins, étant donné qu’ils sont fermés, qu’ils ne peuvent pas non plus faire monter une nacelle pour une seule personne et qu’il faut que je prenne mes responsabilités etc…

Je dis à Wouters de laisser tomber, comme j’ai vu que je pouvais descendre par le chemin n°7, ce n’est pas un souci. Je commence à me diriger vers ce chemin. Cinq minutes plus tard, je reçois un autre appel. Il a finalement réussi à négocier, ils vont m’envoyer une nacelle.

Franchement, j’aurais presque préféré descendre à pieds. Je vais passer un sale quart d’heure, je pense. La nacelle arrive, j’entre. Le guide m’engueule en espagnol pendant les dix minutes de la descente. Je ne comprends rien, mais je décèle tout de même qu’il n’est pas content, c’est le moins que l’on puisse dire. J’arrive à comprendre qu’il me menace d’une amende de 5000€. Je ne suis pas fier d’avoir créé un tel boxon. Bref, on arrive enfin au niveau du parking. Je le remercie, puis je m’éclipse.

Cela tombe bien, il faut que je retourne au co-living, j’ai en effet organisé la castañas noche, lors de laquelle on fera griller des châtaignes sur le barbecue, donc je ne peux pas revenir trop tard ! Wouters m’a sauvé la vie sur ce coup-là, j’ai eu de la chance qu’il soit là pour la visite !

On arrive au co-living. Je fonce prendre une douche. A ma sortie, me dirigeant vers la cuisine, l’ensemble du co-living est déjà en train de m’attendre hilare. Je comprends vite que tout le monde est déjà au courant de mes exploits au sommet du Teide… Je crois que Wouters a cafté. Ca a déjà fait tout le tour du co-living, voire peut-être même de tout Tenerife. Il faut aussi dire qu’il se passe un nouvel évènement chaque weekend…

Trêve de plaisanterie, il est maintenant l’heure de faire le feu, afin de griller les châtaignes !

Châtaignes en train de griller sur la grille métallique du barbecue. On remarque également des braises rougeoyantes de sarments de vigne, ainsi que des pommes de terre à gauche.
Chataîgnes sur le feu

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