Voyage à La Palma: Qui vivra Vieja

Mon séjour dans les Iles Canaries date de décembre 2021, cela m’a permis de découvrir ce qu’est le co-living et de fuir le ciel gris pendant un mois. Le timing était vraiment super, car c’est également le moment que le Cumbre Vieja, un des volcans de l’île La Palma, a choisi pour entrer en éruption.

En effet, j’ai toujours eu envie de connaître le ressenti que l’on a en face d’un volcan crachant de la lave, autrement que derrière une caméra, chacun ses trucs ! J’ai tout de même fini sur l’île de Tenerife, qui me semblait plus jolie et me dis que j’irai sur La Palma un week-end. Et sait-on jamais, cela peut aussi permettre de ne pas risquer de finir avec une morceau de basalte greffé sur la tête…

Me voilà enfin sur le point d’aller voir mon premier volcan ! Je suis excité, d’autres personnes du co-living y sont allées il n’y a pas longtemps de cela et m’ont raconté que c’est très impressionnant. Le volcan gronde, on sent le sol vibrer, lorsqu’on est proche de celui-ci. De la lave jaillit hors du cratère et la cendre tombe comme de la neige. En tendant la main, on se retrouve très rapidement avec la paume recouverte de retombées.

C’est très pratique, on peut circuler d’île en île à l’aide de ferrys. L’avantage est que l’on garde sa voiture et que l’on a pas besoin de louer une nouvelle voiture à chaque fois que l’on change d’endroit. Deux compagnies maritimes déservent Tenerife Fred Olsen et Naviera Armas, toutes deux au nord et au Sud de l’île. Je suis parti du sud, depuis Los Christianos. Quant au choix de l’une ou l’autre, c’est un peu kif-kif.

Je suis parti le vendredi soir, c’est sympa, on voit bien le ciel étoilé depuis le pont du bateau. On se rend également compte que ça tangue vilainement, si vous êtes sujet au mal de mer, je vous conseille fortement de prendre des pilules. La mer n’est apparemment pas toujours aussi agitée, je suis tombé un mauvais jour.

Un hôtel atypique

Arrivé à La Palma sans avoir l’estomac vidé, je me dirige vers le backpackers que j’ai choisi. Il se nomme La Casa Encantada, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, ni où ça se trouve exactement. Comme je n’avais pas beaucoup de temps, je m’y suis un peu pris au dernier moment et ai sélectionné le moins cher. Je ne sais également pas encore très bien où se situe le volcan. La route est assez sinueuse et les phares de la voiture ne sont vraiment pas très puissants, c’est une horreur lorsqu’on roule de nuit. Après une bonne trentaine de minutes, le ciel se teinte subitement d’orange et j’observe beaucoup de fumée. Ca y est , je crois avoir trouvé le volcan ! J’ai le coeur qui bat, je ne m’attendais pas à le voir dès ce soir !

Une dizaine de minutes plus tard j’arrive au backpackers. J’ai réussi mon coup, sans même le chercher, je finis dans un hôtel assez proche du volcan. La bâtisse bleue et blanche est jolie, très typique d’ici. Je vois quelques personnes proches de l’entrée, un d’eux, un garçon aux cheveux longs me dit de le suivre pour faire le check-in. Ils ont tous l’air vraiment allumés, il arrive à peine à ouvrir ses yeux et même à moitié clos, on en remarque la rougeur. Il fonctionne au ralenti, un certain temps passe entre chaque mot. Il m’amène chez un des gérants. Celui-ci a du mal à cliquer au bon endroit sur son logiciel, il me dit qu’il ne trouve pas ma réservation. Il prend ensuite mon passeport et se rend compte après une bonne paire de secondes qu’il le tenait dans le mauvais sens. Je suis hilare à côté. Il m’avoue que c’est vendredi soir et qu’il a déjà bu. Je me dis dans la tête que j’avais remarqué, il n’avait pas besoin de me le dire.

On arrive miraculeusement à compléter le check-in, puis je sors pour trouver quelque chose à manger, il est tard et je n’ai encore rien dans le ventre. Ayant l’habitude de Tenerife, je sors en short et t-shirt. Les rues sont assez désertes et tout a l’air déjà fermé, je suis étonné. Le bord des routes est parsemé de cendres volcaniques noires, il y en a une quantité assez importante, bien qu’ils doivent les balayer assez souvent. J’en ramasse un peu vu que ce n’est pas ce qui manque, cela brille à la lumière, cependant ça n’a pas d’odeur particulière.

Cendres volcaniques noires provenant du volcan en éruption Cumbre Vieja à La Palma. Elles sont posées sur la main de Gregor Lang
Cendres volcaniques Cumbre Vieja

Je ne tarde pas à regretter d’être sorti habillé si léger, je me les gèle, le vent est glacial. Le climat a l’air d’y être un peu différent de Tenerife, où il fait également chaud la nuit. C’est étrange, il ne faisait pourtant pas froid un peu plus tôt.

Je finis par trouver un fast-food, c’est le seul établissement encore ouverte. Ils y servent quelques spécialités qui ne sont pas mauvaises. De retour à l’hôtel, je croise une dame avec une énorme choucroute sur la tête et des lunettes de ski, je crois que c’est une des gérantes. Une chevelure comme celle-ci, je n’avais encore jamais vu ! Les Jackson five n’ont qu’à bien se tenir ! Ce qui m’étonne beaucoup et rend cela amusant est qu’elle n’a pas du tout « la tête » à avoir une telle coupe. Décidément ça a vraiment l’air folklorique, là-dedans ! J’apprends plus tard que ces lunettes sont là pour éviter de se retrouver avec plein de poussière volcanique dans les yeux, lorsqu’on se balade. L’hôtel est assez atypique. On se croit un peu dans un autre monde, c’est resté dans son jus, assez bordélique, un peu alternatif, voir baba-cool. Ceci dit, je ne regrette pas de l’avoir choisi, c’est rigolo et peu cher. Une terrasse prend toute la surface du toit, les résidents s’y rassemblent le soir, car certains y jouent de la guitare, l’ambiance est joviale. Si vous adorez quand tout est carré, bien rangé et exempt de poussière, je vous déconseille l’endroit, mais sinon je trouve l’endroit sympa !

Le volcan a trop fait la fiesta, maintenant la siesta ?

Le lendemain matin, je me mets sur la route pour voir le volcan de plus près, impossible de s’approcher, tout est bouclé et la police surveille. Seuls les résidents ont l’autorisation de se garer dans les rues proches du volcan. En journée, on ne remarque pas grand chose de toute façon, la fumée, bien sûr, mais on ne voit pas de jets, ni de rivières de lave.

En premier plan , on remarque un sapin, puis une plaine de plantes semi-désertiques. En arrière plan, on voit le volcan Cumbre Vieja qui émet une épaisse fumée grise. Sur le côté gauche, on observe un petit bout de ciel bleu.
Cumbre Vieja fumant

J’y retournerai de nuit, pour mieux voir. Je suis un peu déçu tout de même, j’ai l’impression que le volcan s’est bien calmé depuis la fois où les autres co-livers y sont allés. Ni grondement, ni pluie de cendres etc… Bon tant mieux pour les habitants, en même temps ! Mais j’ai un peu trop tardé pour cette visite, j’aurais mieux fait d’y aller au début de mon voyage dans les îles Canaries. J’espère encore pouvoir observer un jet de lave, cette nuit.

Pour l’instant, je me dirige vers le Roque de los Muchachos en empruntant une jolie route côtière, c’est le point culminant de l’île d’où on a un beau point de vue sur les alentours. Les routes sont assez pentues et assez sinueuses, comme très souvent dans ces îles. Je m’attends à tout moment que la voiture claque, mais elle me surprend toujours par ses ressources insoupçonnées !

En chemin, je m’arrête à une auberge de montagne dans laquelle je mange un plat à base de chèvre, c’est une viande que l’on trouve très souvent dans les îles canaries. Ils ne servent en général pas de vieux bouc, contrairement à l’image qu’on pourrait en avoir, c’est très tendre et très bon ! J’en profite également pour boire un fameux Barraquito, ce café canarien dont vous pourrez trouver une recette ici. C’est d’ailleurs un des meilleurs que j’ai bu de tout mon voyage dans les îles canaries ! Les auberges de montagne sont rarement décevantes, où que l’on soit !

On remarque un café Canarien Barraquito dans un verre allongé, posé sur une assiette. On remarque quatre couches, du lait concentré sucré, de la liqueur cuarenta y tres, du café, ainsi que du lait mousseux. De la cannelle parsème la mousse de lait. On remarque une tasse en arrière plan, ainsi qu'une nappe brune.
Café Canarien Barraquito

Je continue ma route et arrive au Roque de los Muchachos, la vue est magnifique, je ne regrette pas d’avoir vu cela. Un observatoire astronomique est installé près du sommet, on se croirait un petit peu sur une autre planète, le paysage est assez désertique.

Observatoire astronomique du Roque de los Muchachos à La Palma, îles canaries. Au centre de l'image, on remarque un grand miroir à multiples facettes en haut et à gauche de celui-ci des domes blancs. Le miroir est posé sur une montagne où poussent des plantes de régin semi-désertique. On voit également le ciel bleu.
Observatoire astronomique de Roque de los Muchachos

On se fait également approcher par de grosses corneilles, lorsqu’on s’arrête aux points de vue. Je ne connais pas la raison, mais celles-ci ne sont vraiment pas timides à La Palma !

Corneille aux alentours de Roque de los Muchachos

Je me balade encore dans le parc national de la Caldeira de Taburiente, ce sont des endroits à ne pas manquer, lorsqu’on visite La Palma ! Je rentre ensuite après cette journée chargée, afin de me reposer un peu

Vieja, ou vieja pas ?

A la nuit tombée, je repars. Je connaîs tous les spots stratégiques que m’ont donné les autres co-livers, afin d’avoir la meilleure vue sur le volcan. Ce sont le Mirador de la Iglesia de tajuya, Mirador del time ainsi que Medabo de la Roja. J’arrive à proximité du volcan, ça n’a pas l’air très animé. Je crois que c’est définitivement rapé pour voir un jet de lave géant, j’espérais encore qu’il ait été éclipsé par la forte intensité lumineuse en journée, mais non, il est simplement inexistant. Ceci dit les rivières de lave brillent tout de même dans la nuit, cela reste impressionant à voir et très joli. C’est juste que je m’attendais à voir de la lave jaillir hors du cratère…

Je me rends aux autres sites, ils sont en hauteur et me permettront d’observer le volcan plus facilement. Depuis ces points de vue, les rivières de lave illuminent le ciel d’une lueur orangée, mais pas de surprise, toujours pas de fontaine de lave en vue. Ci-dessous, vous pouvez voir la meilleure photo que j’ai pu prendre des rivières de lave. Je sais qu’elle n’est pas très jolie, pas besoin de remuer le couteau dans la plaie, mais c’est tout ce que j’ai. Cela reste tout de même beaucoup plus joli à voir en vrai ! Pour comparaison, je m’attendais à pouvoir admirer ce que l’on voit sur la deuxième image, un puissant jet de lave ! J’ai obtenu cette image des co-livers, merci Christin !

Même si ce n’est pas totalement ce à quoi je m’attendais, j’ai passé un bon moment à La Palma. J’ai pu admirer de jolis paysages et ce n’est tout de même pas rien de voir des rivières de lave, ce sont des rivières dans lesquelles je n’aimerais pas tremper mes doigts de pied !

De retour à Tenerife le dimanche soir, on regarde les informations à la télévision. María, la gérante, me traduit les informations et me dit <<Tiens regarde, ce soir même, le Cumbre Vieja a eu un dernier soubresaut, une nouvelle explosion est survenue.>> J’étais vert, moi qui ai tellement attendu ce jet de lave, il n’aurait pas pu exploser un jour avant, ce satané volcan ? A quelques heures près, j’aurais encore pu le voir !

Voilà comment se termine mon escapade à La Palma, ça me laissera une excuse pour aller voir un autre volcan. Il paraît que le Kilauea à Hawaï est l’un des plus actifs du monde ! Et vous, avez-vous déjà vu un volcan en éruption ?

On remarque une vallée formant un v et riche en sapins.  Au loin, on voit une fumée blanche provenant du volcan Cumbre Vieja et qui semble remplir la vallée. On voit également le ciel bleu.
Fumée volcanique dans une vallée

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